Rente viagère
Définition
Revenu régulier versé à vie en échange d'un capital remis à un assureur. Vous donnez une somme une fois ; l'assureur vous paie un montant fixe chaque mois ou chaque trimestre jusqu'à votre décès. C'est une assurance contre le risque de vivre très longtemps : vous ne pouvez pas épuiser votre épargne. En contrepartie, le capital est définitivement cédé — vos héritiers ne le récupèrent pas (sauf option de réversion).
Exemple concret
Vous convertissez 100 000 € à 65 ans. Selon les barèmes 2026, vous percevez environ 5 000 € par an, soit ~417 €/mois, jusqu'à votre décès. Au bout de 20 ans, vous aurez touché 100 000 € — au-delà, vous gagnez de l'argent par rapport au capital de départ.
Comment fonctionne une rente viagère ?
Une rente viagère transforme une épargne en salaire à vie. Vous remettez un capital à un assureur. En échange, il vous verse une somme fixe, à intervalles réguliers, jusqu'à votre dernier jour.
L'analogie la plus parlante : c'est une assurance à l'envers. Une assurance auto vous protège contre un accident. La rente viagère vous protège contre le risque de vivre plus longtemps que prévu et de manquer d'argent. Tant que vous êtes en vie, vous touchez votre revenu.
Deux mots de jargon reviennent souvent. Le crédirentier est celui qui reçoit la rente (vous). Les arrérages sont simplement les versements périodiques de la rente. Rien de plus compliqué.
Plusieurs produits permettent cette sortie en rente : le PER, l'assurance vie, ou encore les anciens contrats Madelin et PERP. Vous accumulez d'abord un capital, puis vous choisissez de le convertir au moment de la retraite.
Comment est calculé le montant de la rente ?
Le montant dépend de trois facteurs : le capital remis, votre âge à la conversion, et l'espérance de vie estimée par l'assureur. Plus vous convertissez tard, plus la rente est élevée — car la durée de versement attendue est plus courte.
L'assureur utilise une table de mortalité (un tableau statistique d'espérance de vie) et un taux technique (un rendement minimal garanti, de 0 % à 1,5 % en 2026). Depuis 2012, les tables sont unisexes : à âge égal, un homme et une femme obtiennent la même rente.
Un exemple concret. Vous convertissez 100 000 € à 65 ans. La rente annuelle se situe entre 4 200 et 5 500 € selon l'assureur, soit 350 à 460 € par mois. L'écart entre deux compagnies peut atteindre 15 % pour un même profil. Comparer plusieurs offres est donc essentiel avant de signer.
Un point clé mérite l'attention : au-delà d'une vingtaine d'années de versements, vous récupérez plus que votre capital de départ. C'est ce que l'on appelle le point d'équilibre. Vivre longtemps rend la rente gagnante ; un décès précoce la rend perdante.
Quels sont les types de rente viagère ?
Toutes les rentes ne se ressemblent pas. Le type choisi modifie la protection offerte et, en retour, le montant versé. Voici les principales formes.
- Rente simple : la plus courante. Elle s'arrête net à votre décès. Montant le plus élevé, mais zéro protection pour vos proches.
- Rente réversible : à votre décès, elle continue d'être versée à un bénéficiaire désigné (souvent le conjoint). Le montant de départ est plus faible, car la durée attendue est plus longue.
- Rente avec annuités garanties : aussi appelée rente certaine. Elle garantit un versement pendant une durée minimale (10 ou 15 ans). Si vous décédez avant, un bénéficiaire perçoit le solde.
- Rente par paliers : son montant augmente ou diminue dans le temps, pour coller à vos besoins (plus élevée au début de la retraite, par exemple).
- Rente avec option dépendance : son montant double ou augmente si vous perdez votre autonomie.
Chaque garantie a un coût. Plus vous protégez vos proches, plus la rente initiale est réduite. C'est un arbitrage entre revenu immédiat et sécurité de la transmission.
Comment est imposée une rente viagère ?
La fiscalité dépend de l'origine du capital. Deux régimes existent. Comprendre la différence évite de mauvaises surprises au moment de déclarer.
Rente à titre onéreux : seule une fraction est imposée
C'est le cas quand vous avez constitué le capital vous-même (assurance vie, PER non déduit, épargne libre). Seule une partie de la rente est soumise à l'impôt sur le revenu. Cette fraction dépend de votre âge au premier versement, et elle reste figée à vie.
| Âge au 1er versement | Fraction imposable | Part non imposée |
|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % |
| 50 à 59 ans | 50 % | 50 % |
| 60 à 69 ans | 40 % | 60 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 70 % |
Cette fraction étant gelée, convertir après 70 ans est fiscalement le plus avantageux : 70 % de la rente échappe alors à l'impôt sur le revenu pour toujours. À cette fraction imposable s'ajoutent les prélèvements sociaux de 18,6 %.
Reprenons l'exemple des 5 000 € de rente annuelle à 65 ans. La fraction imposable est de 40 %, soit 2 000 €. Ces 2 000 € s'ajoutent à vos autres revenus et sont taxés au barème, comme une partie de salaire. Les 3 000 € restants ne paient pas d'impôt sur le revenu. Le régime de la flat tax ne s'applique pas ici : la rente suit le barème progressif, pas le prélèvement forfaitaire.
Rente issue d'un PER déduit : imposée comme une pension
Si vous avez déduit vos versements de vos revenus pendant la phase d'épargne, la règle change. La rente est alors imposée comme une pension de retraite. Elle entre dans votre revenu après un abattement de 10 % (au minimum 454 €, au maximum 4 439 € par foyer en 2026). C'est le prix à payer pour l'économie d'impôt obtenue en amont.
Rente viagère ou capital : que choisir ?
Le choix entre rente et capital n'a pas de bonne réponse universelle. Il dépend de votre santé, de votre besoin de revenus garantis et de votre volonté de transmettre. Voici les arguments des deux camps.
La rente viagère rassure : un revenu certain, à vie, sans risque de tout dépenser trop vite. Elle convient à ceux qui craignent de manquer et qui n'ont pas d'héritier prioritaire. Son revers : le capital est cédé pour toujours et la rente s'éteint au décès (sauf réversion).
La sortie en capital, à l'inverse, garde votre argent disponible et transmissible. Vous gérez vous-même le rythme des retraits. Pour comparer concrètement les deux voies, lisez notre guide sur la sortie en capital du PER et la fiche dédiée au Plan d'Épargne Retraite.
Un repère simple : la rente est d'autant plus intéressante que vous vivez longtemps et que vous la prenez tard. Si votre espérance de vie est réduite, ou si transmettre compte pour vous, le capital reste souvent préférable. Retrouvez tous les termes liés dans notre lexique de l'épargne.
Les chiffres fiscaux de cette page proviennent de Service-Public.gouv.fr et de La finance pour tous. Vérifiez toujours les barèmes en vigueur avant de décider.
Termes liés
Questions fréquentes
À 65 ans, convertir 100 000 € donne une rente annuelle d'environ 4 200 à 5 500 € selon l'assureur et le taux technique retenu, soit 350 à 460 € par mois. Le montant grimpe si vous convertissez plus tard (espérance de vie plus courte) et baisse si vous ajoutez une option de réversion pour votre conjoint. Les écarts atteignent 15 % d'un assureur à l'autre pour un même profil : comparez avant de signer.
Oui, mais une partie seulement quand elle vient d'un capital que vous avez vous-même constitué (rente à titre onéreux). La fraction imposée dépend de votre âge au premier versement : 30 % seulement si vous avez 70 ans ou plus. Cette fraction est ajoutée à vos autres revenus et imposée au barème, plus 18,6 % de prélèvements sociaux. Une rente issue d'un PER dont les versements ont été déduits est, elle, imposée comme une pension de retraite.
Avec une rente simple, le capital restant est perdu pour vos héritiers : il revient à l'assureur. Deux options évitent cela. La réversion verse la rente à votre conjoint après votre décès. Les annuités garanties assurent un versement pendant une durée minimale (10 ou 15 ans par exemple) à un bénéficiaire désigné, même si vous décédez avant. Ces options réduisent le montant de la rente de départ.
Non. La conversion en rente viagère est irréversible : une fois le capital remis à l'assureur, vous ne pouvez plus le récupérer ni le transmettre. C'est la principale différence avec une sortie en capital, qui vous laisse l'argent disponible. Pesez ce choix avec soin, car il est définitif.