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Guide ⏱ 8 min Mis à jour le 19 juin 2026

Frais de la gestion pilotée : décryptage complet et comparatif

Avant de choisir un robo-advisor, il faut comprendre la structure de ses frais. Contrairement à la gestion libre, les frais d'un robo-advisor se superposent sur plusieurs couches. Décryptage complet.

Les frais totaux d'un robo-advisor en France se situent généralement entre 1,4% et 2,5% par an, incluant les frais de gestion du robo-advisor (0,7%–1,6%), les frais des ETF en portefeuille (0,1%–0,3%) et les frais du contrat d'assurance-vie (0,5%–0,8%). Comparez toujours le coût total (TER implicite).

Les informations fournies sont à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Tout placement comporte des risques, y compris la perte de capital. Consultez un conseiller financier avant de prendre une décision.

Sources officielles AMF — Autorité des marchés financiers Directive européenne PRIIPs 2018 (document DIC) Mis à jour le 19 juin 2026

Les 3 couches de frais d'un robo-advisor

Contrairement à un ETF en gestion libre (où vous ne payez que le TER du fonds), un robo-advisor accumule des frais sur trois niveaux distincts. Il faut les additionner pour connaître le coût réel annuel.

1. Les frais du robo-advisor (la couche haute)

C'est la rémunération du service de gestion pilotée : algorithme, rééquilibrages automatiques, reporting, support client et conseil réglementé. Ces frais sont prélevés annuellement sur l'encours. Ils varient entre 0,25% et 1,60%/an selon les acteurs en 2026.

Exemple : sur 20 000 € placés chez un robo-advisor facturant 0,70%/an, vous payez 140 € par an au titre de ce premier étage.

2. Les frais du contrat d'assurance-vie (la couche intermédiaire)

Tous les robo-advisors français opèrent dans une enveloppe fiscale : le plus souvent une assurance-vie, parfois un PER ou un PEA. L'assureur prélève ses propres frais de gestion sur les unités de compte, généralement entre 0,50% et 0,85%/an. Dans certains cas, ces frais sont déjà inclus dans le tarif affiché par le robo-advisor — vérifiez toujours.

Exemple : Generali (partenaire assureur de Nalo et Finary) prélève 0,60%/an sur les UC. Sur 20 000 €, cela représente 120 €/an supplémentaires, souvent invisibles dans la communication commerciale.

3. Le TER des ETF (la couche basse)

Les ETF (fonds indiciels cotés) qui composent votre portefeuille ont leurs propres frais internes, appelés TER (Total Expense Ratio) ou frais courants. Pour les ETF classiques répliquant le MSCI World ou le S&P 500, le TER oscille entre 0,07% et 0,30%/an. Ces frais ne sont pas facturés séparément : ils réduisent directement la valeur liquidative du fonds chaque jour.

Un ETF MSCI World chez Amundi affiche par exemple un TER de 0,12%/an. Sur 20 000 €, c'est 24 € déduits chaque année de votre performance, de façon totalement transparente.

Tableau comparatif des frais par robo-advisor

Ce tableau récapitule les frais totaux indicatifs des principaux robo-advisors français en 2026. Le total réel dépend de votre profil de risque (allocation actions/obligations) et de votre encours.

Robo-advisor Frais service Frais contrat AV TER ETF (estimé) Total indicatif
Yomoni 0,70% Inclus ~0,25% ~1,6%/an
Nalo 0,85% 0,60% (Generali) ~0,15% ~1,6%/an
Ramify 0,70% 0,60% (Apicil) ~0,20% ~1,5%/an
WeSave 0,90% 0,60% (Suravenir) ~0,20% ~1,7%/an
Finary 0,25% 0,50% (Generali) ~0,25% ~1,0%/an
Gestion libre (ETF PEA) 0% 0% ~0,15% ~0,15%/an

Estimations 2026. Les frais varient selon l'encours et les promotions en cours. Consultez les DIC officiels avant toute souscription. Source : grilles tarifaires publiques des acteurs + directive PRIIPs (AMF).

Comment les frais sont-ils prélevés concrètement ?

Comprendre le mécanisme de prélèvement évite les mauvaises surprises. Les frais ne s'affichent pas comme une facture mensuelle : ils s'imputent sur votre capital de façon quasi-invisible.

Prélèvement quotidien sur la valeur liquidative

Le TER des ETF est déduit chaque jour ouvré de la valeur liquidative du fonds. Si un ETF affiche +7% sur un an avec un TER de 0,20%, vous obtenez réellement environ +6,80%. Vous ne voyez jamais cette déduction : la performance nette communiquée est déjà après frais.

Prélèvement mensuel ou trimestriel par l'assureur

Les frais de contrat (couche intermédiaire) sont généralement prélevés trimestriellement par l'assureur sur votre encours en unités de compte. Sur 20 000 € avec 0,60%/an de frais assureur, cela représente 30 € par trimestre. Ce montant est déduit en rachat partiel automatique.

Prélèvement mensuel par le robo-advisor

Les frais de service du robo-advisor sont souvent prélevés mensuellement, également par réduction de l'encours. Sur 20 000 € avec 0,70%/an de frais de service, c'est 140 € par an, soit environ 11,67 € par mois. Certains acteurs comme Yomoni prélèvent directement ces frais dans les frais de contrat — il n'y a alors qu'un seul prélèvement visible.

Ce que le DIC vous dit — et ce qu'il ne dit pas

Depuis la directive européenne PRIIPs (2018), tout contrat doit être accompagné d'un Document d'Information Clé (DIC). Ce document normalisé, contrôlé par l'AMF, indique le coût total annuel en pourcentage. Il est votre seul outil de comparaison fiable. Mais attention : il ne comprend pas toujours les frais ponctuels (frais de transfert, de rachat anticipé sur PER). Lisez aussi les conditions générales.

Impact des frais sur la performance à long terme

La différence entre 0,15%/an (gestion libre ETF) et 1,6%/an (robo-advisor) semble minime chaque année. Sur 20 ans, l'effet de capitalisation devient considérable.

Scénario Capital initial Rendement brut Frais/an Capital final (20 ans)
Gestion libre ETF (PEA) 10 000 € 7%/an 0,15% ~37 400 €
Robo-advisor faible coût (Finary) 10 000 € 7%/an 1,0% ~32 100 €
Robo-advisor moyen (Yomoni, Nalo) 10 000 € 7%/an 1,60% ~30 200 €
Robo-advisor coûteux 10 000 € 7%/an 2,50% ~24 600 €

Sur 20 ans, un robo-advisor moyen coûte environ 7 200 € de plus qu'un ETF en gestion libre, pour un même capital de départ de 10 000 € et un rendement brut identique de 7%/an. Un robo-advisor très cher (2,5%/an) peut faire perdre jusqu'à 12 800 € par rapport à la gestion libre sur la même période.

Ce calcul part d'un rendement brut hypothétique et constant. En réalité, la gestion pilotée peut offrir un meilleur rendement brut grâce à la diversification et aux rééquilibrages automatiques — ou pas. L'important est de comparer rendement net de frais, pas rendement brut. Pour une comparaison complète, lisez notre guide sur les avantages et inconvénients de la gestion pilotée.

Frais cachés et pièges à éviter

Les frais récurrents sont souvent bien communiqués. Ce sont les frais ponctuels et indirects qui surprennent les épargnants au mauvais moment.

Les frais de transfert

Si vous souhaitez transférer votre contrat d'assurance-vie vers un autre assureur (ou robo-advisor), des frais de transfert peuvent s'appliquer. Certains contrats les plafonnent à 1% de l'encours dans la première année. Vérifiez ce point avant de souscrire, surtout si vous êtes susceptible de changer d'avis rapidement.

Les frais de sortie anticipée sur PER

Le PER (Plan Épargne Retraite) géré par un robo-advisor propose des versements déductibles du revenu. Mais sortir avant la retraite (hors cas exceptionnels : achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint) déclenche une fiscalité lourde. Ce n'est pas à proprement parler un frais, mais une pénalité fiscale qui peut dépasser 30% du capital.

Les frais de rachat partiel

En assurance-vie, les rachats partiels sont libres mais peuvent déclencher des frais selon le contrat. La plupart des contrats modernes (Linxea, Nalo, Ramify) ne pratiquent aucun frais de rachat. Mais les anciens contrats bancaires peuvent facturer jusqu'à 1% du montant racheté.

La dilution de performance par les SCPI ou fonds actifs

Certains robo-advisors intègrent dans leur allocation des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) ou des fonds actifs à la place d'ETF. Ces supports ont des TER bien plus élevés (souvent 1,5% à 2%/an pour un fonds actif). Si votre portefeuille contient 20% de fonds actifs, votre TER moyen augmente significativement. Demandez toujours la liste des supports et leur TER individuel.

Comment réduire les frais de sa gestion pilotée ?

Réduire les frais est le levier de performance le plus sûr. Contrairement au rendement des marchés, les frais sont certains et constants. Voici les actions concrètes.

  • Choisir un robo-advisor à faibles frais de service : 0,10% de moins par an sur 20 ans représente plusieurs milliers d'euros sur un capital de 20 000 €. Comparez sur notre tableau comparatif des robo-advisors.
  • Augmenter l'encours pour bénéficier de la dégressivité : Nalo et Ramify appliquent une réduction automatique des frais au-delà de 100 000 €. Plus votre capital est important, moins vous payez proportionnellement — ce qui accélère la capitalisation.
  • Préférer la gestion pilotée sur PEA quand c'est possible : sur PEA (Yomoni, Ramify), vous évitez les frais d'assureur (0,50% à 0,85%/an). Après 5 ans de détention du PEA, la fiscalité est très avantageuse : 17,2% de prélèvements sociaux seulement sur les plus-values, contre 30% en dehors du PEA.
  • Exiger un portefeuille 100% ETF : un portefeuille composé exclusivement d'ETF indiciels aura un TER moyen de 0,10% à 0,20%. Un portefeuille mixant ETF et fonds actifs peut dépasser 0,60% de TER moyen. Posez la question explicitement au robo-advisor.
  • Éviter les versements fractionnés inutiles : certains contrats anciens facturent des frais par versement. Optez pour un versement programmé mensuel automatique : 0 frais chez la grande majorité des robo-advisors modernes.
  • Lire le DIC avant de signer : le Document d'Information Clé présente le coût total annuel en un seul chiffre. C'est le seul comparateur fiable. L'AMF exige qu'il vous soit remis avant la souscription.

Gestion pilotée vs gestion libre : l'équation des frais

La gestion libre (acheter soi-même des ETF sur un PEA ou un compte-titres) coûte environ 10 à 15 fois moins cher qu'un robo-advisor. Est-ce que la différence se justifie ?

Ce que vous achetez avec les frais d'un robo-advisor

Pour 1,5% à 1,7%/an, un robo-advisor vous fournit : un mandat de gestion réglementé, une allocation personnalisée selon votre profil de risque, des rééquilibrages automatiques (sans vous mobiliser), un reporting mensuel, et la sécurité juridique de l'enveloppe assurance-vie. Si vous déposez 15 000 € et ne savez pas ce qu'est un ETF, payer 225 €/an pour tout déléguer peut être un choix rationnel.

Quand la gestion libre est plus rentable

Si vous êtes prêt à ouvrir un PEA chez un courtier comme Trade Republic ou Boursobank, acheter un ou deux ETF MSCI World et ne rien faire pendant 15 ans, vous paierez environ 0,15%/an. Sur 50 000 €, c'est 75 €/an contre 750 € à 850 €/an avec un robo-advisor. La différence finance une part significative de votre épargne annuelle.

Le cas particulier de la petite épargne

Pour des montants inférieurs à 5 000 €, les frais fixes d'un courtier (souvent 1 € minimum par ordre) pèsent proportionnellement plus lourd. Un robo-advisor sans frais d'entrée et sans minimum peut alors être plus pertinent. C'est le positionnement de Yomoni et Finary sur les petits encours.

Pour aller plus loin sur la comparaison globale, consultez notre analyse des avantages de la gestion pilotée et notre guide sur le fonctionnement d'un robo-advisor.

Les informations présentées ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les frais mentionnés sont indicatifs et peuvent évoluer. Consultez les documents contractuels officiels (DIC, conditions générales) avant toute souscription.

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La rédaction de Place des Épargnants

Rédaction spécialisée épargne, placement et investissement

Notre équipe

Questions fréquentes

Les frais des robo-advisors sont généralement fixes et publiés en ligne. Cependant, certains acteurs (notamment Nalo et Ramify) appliquent une dégressivité automatique des frais à partir d'un certain encours (souvent 100 000 €). Il est également possible d'obtenir des conditions préférentielles lors d'opérations promotionnelles d'entrée. Dans tous les cas, les frais de contrat (assureur) et les TER des ETF ne sont pas négociables.

Non, les frais de gestion d'un robo-advisor ne sont pas déductibles de l'impôt sur le revenu. En revanche, dans le cadre d'un PER (Plan Épargne Retraite), les versements eux-mêmes sont déductibles du revenu imposable dans la limite des plafonds légaux. Les frais réduisent simplement le rendement net servi.

Demandez le DIC (Document d'Information Clé) de votre contrat d'assurance-vie. Ce document normalisé, réglementé par l'AMF, présente le coût total du contrat sous forme d'un taux annuel. Il intègre tous les frais récurrents. Comparez toujours les DIC entre robo-advisors plutôt que les seuls frais affichés en page d'accueil.

Les principaux frais 'oubliés' sont les frais de transfert (si vous voulez déplacer votre contrat vers un autre assureur) et les frais de sortie anticipée dans le cadre d'un PER avant la retraite. La plupart des robo-advisors sérieux pratiquent zéro frais d'entrée, zéro frais d'arbitrage — mais vérifiez toujours les conditions générales avant de souscrire.

Oui. Sur PEA, il n'y a pas de frais d'assureur (pas d'enveloppe assurance-vie). Vous ne payez que les frais du robo-advisor et le TER des ETF. Le total est donc généralement inférieur de 0,5% à 0,7%/an par rapport à l'assurance-vie. Yomoni et Ramify proposent tous deux une gestion pilotée sur PEA.

Le DIC est le Document d'Information Clé (anciennement DICI). Il est obligatoire depuis la directive PRIIPs (2018). Il présente le coût total annuel du produit (frais de gestion + frais courants des supports) sur une page standardisée. L'AMF exige que tout distributeur le remette avant la souscription. C'est le seul document qui permet une comparaison fiable entre robo-advisors.