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← Épargne Guide ⏱ 8 min Mis à jour le 3 septembre 2026

Abattement fiscal : guide complet pour réduire l'impôt sur votre épargne

Un abattement fiscal, c'est un montant que l'on soustrait de vos revenus avant de calculer l'impôt. Résultat : vous payez moins — parfois beaucoup moins. En 2026, plusieurs abattements existent selon le produit d'épargne que vous détenez. Cette page les recense tous, chiffres à l'appui.

Les principaux abattements sur l'épargne en 2026 : 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) sur les gains de l'assurance vie après 8 ans ; 40 % sur les dividendes si vous optez pour le barème progressif ; 10 % sur les pensions de retraite (plafonné à 4 439 €) ; exonération totale d'IR sur le PEA après 5 ans ; et jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire sur la succession via l'assurance vie.

Les informations fournies sont à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Tout placement comporte des risques, y compris la perte de capital. Consultez un conseiller financier avant de prendre une décision.

Sources officielles impots.gouv.fr service-public.fr BOFiP (bofip.impots.gouv.fr) Mis à jour le 3 septembre 2026

Qu'est-ce qu'un abattement fiscal, exactement ?

Un abattement, c'est une réduction appliquée avant le calcul de l'impôt. Il diminue la base imposable (le montant sur lequel l'impôt est calculé), pas directement le montant de l'impôt.

Exemple simple. Vous touchez 10 000 € de gains sur votre assurance vie. Avec un abattement de 4 600 €, vous n'êtes imposé que sur 5 400 €. Si votre taux est de 7,5 %, vous payez 405 € d'impôt au lieu de 750 €. L'économie est de 345 €.

L'abattement se distingue d'une réduction d'impôt (qui s'enlève directement du montant à payer) et d'un crédit d'impôt (qui peut être remboursé si votre impôt est nul). C'est plus subtil, mais tout aussi utile quand on sait l'activer.

En 2026, plusieurs abattements coexistent selon les produits d'épargne. Voici un tableau de synthèse, puis le détail de chacun.

Produit Abattement Condition principale PS réduits aussi ?
Assurance vie 4 600 € / 9 200 € par an sur les gains Contrat > 8 ans Non (17,2 % sur tous les gains)
Dividendes 40 % sur le montant brut Option barème (case 2OP) Non (18,6 % sur le brut)
Pensions de retraite 10 %, plafond 4 439 €/foyer Automatique Sans objet (les pensions ne sont pas soumises aux PS)
PEA (après 5 ans) Exonération totale d'IR Pas de retrait avant 5 ans Non (18,6 % restent dus)
Succession AV (primes <70 ans) 152 500 € par bénéficiaire Hors succession civile Sans objet (hors droits de succession classiques)

Données 2026. PS = prélèvements sociaux. Sources : impots.gouv.fr, service-public.fr.

L'abattement de l'assurance vie : 4 600 € ou 9 200 € par an

C'est l'un des avantages les plus puissants de l'assurance vie. Après 8 ans de détention, vous pouvez retirer chaque année jusqu'à 4 600 € de gains sans payer d'impôt sur le revenu. Pour un couple, le plafond double à 9 200 €.

Attention au mot « gains ». Ce n'est pas le montant total du retrait qui est exonéré, mais uniquement la part correspondant aux intérêts et plus-values. Le capital que vous avez versé est toujours remboursé sans impôt.

Comment calculer la part imposable d'un retrait ?

Pour un rachat partiel, la formule officielle est la suivante :

Part des gains = (montant du retrait × total des gains du contrat) ÷ valeur totale du contrat

Exemple concret. Votre contrat vaut aujourd'hui 80 000 €. Vous avez versé 60 000 €, donc vos gains accumulés sont de 20 000 €. Vous retirez 10 000 €.

  • Part des gains dans le retrait : (10 000 × 20 000) ÷ 80 000 = 2 500 € de gains
  • Part du capital : 10 000 − 2 500 = 7 500 € non imposables

Ces 2 500 € de gains sont inférieurs à l'abattement de 4 600 €. Vous ne payez donc aucun impôt sur le revenu sur ce retrait, si votre contrat a plus de 8 ans.

Comment fonctionne l'abattement annuel ?

L'abattement se renouvelle chaque année. Si vous ne l'utilisez pas, il est perdu. Il ne se cumule pas. Une stratégie simple : programmer des rachats partiels réguliers chaque fin d'année pour utiliser ce plafond sans le dépasser.

Le taux d'impôt sur le revenu qui s'applique au-delà de l'abattement dépend de la date de vos versements :

  • Versements effectués avant le 27 septembre 2017 : taux de 7,5 %.
  • Versements effectués après le 27 septembre 2017 : taux de 12,8 % (ou 7,5 % si vos versements totaux tous contrats confondus restent sous 150 000 €).

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur l'intégralité des gains, sans abattement possible. En 2026, la hausse de la CSG à 18,6 % ne s'applique pas à l'assurance vie, qui conserve son taux de 17,2 % (source : impots.gouv.fr, mars 2026).

Pour aller plus loin sur la fiscalité de l'assurance vie, consultez notre guide dédié.

L'abattement de 40 % sur les dividendes : pour qui ?

Quand vous détenez des actions en direct et percevez des dividendes, vous avez le choix entre deux régimes fiscaux. C'est ce choix qui détermine si l'abattement de 40 % s'applique.

Régime par défaut — la flat tax (PFU) : vos dividendes sont taxés à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux). Aucun abattement ne s'applique. C'est le régime automatique depuis 2026.

Option barème progressif : vous cochez la case 2OP de votre déclaration de revenus. Dans ce cas, un abattement de 40 % est soustrait du montant brut des dividendes avant de calculer l'impôt. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur le montant brut, sans réduction.

Exemple. Vous percevez 5 000 € de dividendes bruts. Avec l'option barème :

  • Abattement de 40 % : 5 000 × 40 % = 2 000 €
  • Base imposable à l'IR : 5 000 − 2 000 = 3 000 €
  • Si votre tranche marginale est à 11 % : IR = 3 000 × 11 % = 330 €
  • Prélèvements sociaux : 5 000 × 18,6 % = 930 € (sur le brut, sans abattement)
  • Total : 1 260 € contre 1 570 € avec la flat tax

L'abattement de 40 % est donc avantageux si votre tranche marginale d'imposition (TMI) est inférieure à 12,8 % — soit si vous êtes à 0 % ou 11 %. En revanche, si vous êtes à 30 % ou plus, la flat tax est souvent préférable.

Pour en bénéficier, les dividendes doivent être versés par une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). Elle doit être établie en France, dans l'Union européenne, ou dans un pays lié à la France par une convention fiscale avec clause d'assistance administrative (source : BOFiP).

Pour comprendre le mécanisme global, consultez notre guide sur la flat tax (PFU 31,4 %).

L'abattement de 10 % sur les retraites

Si vous êtes retraité, vous bénéficiez d'un abattement automatique de 10 % sur le montant de vos pensions. L'administration fiscale l'applique d'office : aucune démarche n'est nécessaire.

Cet abattement est plafonné et planché :

  • Plancher : 454 € minimum par retraité
  • Plafond : 4 439 € maximum par foyer fiscal (pas par personne — un couple de retraités partage ce même plafond)

Exemple. Vous percevez 18 000 € de pensions dans l'année. L'abattement de 10 % représente 1 800 €. Comme 1 800 € est entre 454 € et 4 439 €, il s'applique intégralement. Vous êtes imposé sur 16 200 € au lieu de 18 000 €.

Bon à savoir : le projet de loi de finances 2026 proposait de supprimer cet abattement de 10 % et de le remplacer par un forfait fixe de 2 000 €. Cette mesure aurait pénalisé les retraités avec des pensions modestes. L'Assemblée nationale l'a rejetée le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17. Ce dispositif est donc maintenu en 2026.

Si vous cotisez encore sur un Plan d'épargne retraite (PER), les versements sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente. Notre guide sur la fiscalité du PER détaille ces plafonds.

L'abattement en cas de succession via l'assurance vie

L'assurance vie offre un avantage successoral considérable, indépendant des règles de droit commun. Le capital transmis à vos bénéficiaires échappe en grande partie aux droits de succession classiques.

Deux régimes coexistent selon l'âge auquel vous avez effectué vos versements.

Primes versées avant vos 70 ans : chaque bénéficiaire désigné bénéficie d'un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus. Au-delà :

  • 20 % sur la fraction entre 152 500 € et 852 500 €
  • 31,25 % au-delà de 852 500 €

Exemple : vous laissez 200 000 € à votre enfant via votre assurance vie. Les premiers 152 500 € sont exonérés. Les 47 500 € restants sont taxés à 20 %, soit 9 500 € d'impôt. Si la somme avait transité par la succession classique, les droits auraient pu atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros selon le lien de parenté.

Primes versées après vos 70 ans : le régime est moins favorable. Un abattement global de 30 500 € s'applique, partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats confondus. En revanche, les intérêts et plus-values générés après 70 ans sont toujours exonérés de droits de succession.

L'optimisation passe par la clause bénéficiaire : en désignant chaque bénéficiaire nommément, vous multipliez les abattements de 152 500 €. Pour en savoir plus sur la transmission, consultez notre page sur la fiscalité de l'assurance vie.

Le PEA : une exonération totale d'impôt après 5 ans

Le Plan d'épargne en actions (PEA) n'offre pas un abattement au sens strict, mais une exonération totale d'impôt sur le revenu sur les gains réalisés. C'est encore plus avantageux.

Le mécanisme est simple : tant que vous ne retirez pas d'argent pendant 5 ans, les gains s'accumulent sans aucune imposition à l'intérieur du plan. Quand vous effectuez un retrait après ce délai, vous ne payez aucun impôt sur le revenu (12,8 % économisés). Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.

Exemple. Vous avez placé 50 000 € sur un PEA et vos gains atteignent 20 000 €. Après 5 ans, vous retirez tout.

  • Sur un compte-titres ordinaire (PFU) : 20 000 × 31,4 % = 6 280 € d'impôts
  • Sur un PEA après 5 ans : 20 000 × 18,6 % = 3 720 € seulement
  • Économie : 2 560 € (soit 12,8 % × 20 000 €)

Le plafond de versements du PEA est de 150 000 €. Aucun retrait n'est possible avant 5 ans sans fermeture du plan (sauf exceptions). Notre guide sur la fiscalité du PEA détaille toutes les règles de retrait.

Quel abattement est le plus avantageux selon votre situation ?

Il n'y a pas de réponse universelle — tout dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI), de vos produits détenus et de votre horizon de temps. Voici un guide rapide selon les profils.

Votre situation Abattement prioritaire Économie estimée
Contrat AV > 8 ans, retraits réguliers Abattement annuel 4 600 €/9 200 € Jusqu'à 345 €/an (TMI 7,5 %)
Actionnaire, TMI ≤ 11 % Option barème + abattement 40 % dividendes IR divisé par 2 à 3 par rapport à la flat tax
Retraité, pensions < 44 390 €/an Abattement 10 % automatique Jusqu'à 4 439 € déduits du revenu imposable
Investisseur boursier, horizon > 5 ans Exonération IR via PEA 12,8 % économisés sur tous les gains
Transmission patrimoniale Abattement AV succession 152 500 €/bénéficiaire Économie potentielle de plusieurs dizaines de milliers d'€

Ces avantages fiscaux sont cumulables. Un retraité qui détient une assurance vie depuis plus de 8 ans peut bénéficier simultanément de la réduction de 10 % sur ses pensions et de l'abattement de 4 600 € sur ses retraits annuels.

Pour aller plus loin sur la réduction de votre fiscalité globale, notre guide sur la défiscalisation recense les dispositifs légaux disponibles en 2026. Et si vous vous interrogez sur l'imposition de votre patrimoine immobilier, notre page sur l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) répond à vos questions.

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La rédaction de Place des Épargnants

Rédaction spécialisée épargne, placement et investissement

Notre équipe

Questions fréquentes

Oui, l'abattement de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) se renouvelle chaque année civile. Il ne se cumule pas d'une année sur l'autre : si vous ne le consommez pas en 2026, vous perdez l'avantage. Une stratégie courante consiste à programmer des rachats partiels annuels de façon à utiliser l'abattement disponible sans le dépasser.

Non. Cet abattement ne s'applique que si vous optez pour l'imposition au barème progressif en cochant la case 2OP de votre déclaration de revenus. Par défaut, vos dividendes sont taxés à la flat tax de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux) et l'abattement de 40 % ne s'applique pas. L'option barème est globale : elle concerne tous vos revenus du capital pour l'année, pas seulement les dividendes.

Oui, les abattements sont indépendants les uns des autres. Vous pouvez bénéficier en même temps de l'abattement sur votre assurance vie, de l'abattement sur vos retraites et de l'exonération du PEA. Ces avantages fiscaux ne se neutralisent pas. En revanche, certains abattements sont liés à des options mutuellement exclusives : si vous optez pour le barème progressif pour vos dividendes, cela s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital de l'année.

Non. Les abattements sur l'épargne (assurance vie, dividendes) réduisent uniquement la base de calcul de l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux — 17,2 % pour l'assurance vie, 18,6 % pour les dividendes et plus-values mobilières depuis 2026 — sont toujours calculés sur le montant brut des gains, sans aucun abattement. Seul le PEA échappe partiellement à cette règle : après 5 ans, l'IR est exonéré, mais les prélèvements sociaux (18,6 %) restent dus.

Non. Le projet de loi de finances 2026 avait proposé de remplacer l'abattement de 10 % par une déduction forfaitaire fixe de 2 000 €, ce qui aurait pénalisé les petites retraites. L'Assemblée nationale a rejeté cette mesure le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17. L'abattement de 10 % est donc maintenu en 2026, avec un plancher de 454 € par retraité et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal.