Frais d'un courtier en bourse : le guide complet 2026
Les frais d'un courtier en bourse pèsent directement sur votre rendement, parfois plus que vous ne le pensez. Ce guide détaille chaque type de frais, avec des montants réels et une simulation de leur impact sur le long terme.
Les frais courtier bourse se résument à quelques postes : le courtage à chaque ordre (souvent 0,99 € à 6,50 € selon l'enseigne), parfois des droits de garde, des frais de change et le spread. Chez les courtiers en ligne et néo-brokers, droits de garde et tenue de compte sont devenus quasi nuls : il ne reste que le courtage à l'ordre.
Les informations fournies sont à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Tout placement comporte des risques, y compris la perte de capital. Consultez un conseiller financier avant de prendre une décision.
Quels sont les frais d'un courtier en bourse ?
Un courtier (l'intermédiaire qui transmet vos ordres en bourse) se rémunère sur plusieurs postes. Les connaître évite les mauvaises surprises et permet de comparer deux offres sur la même base.
Voici les frais que vous pouvez rencontrer :
- Les frais de courtage : une commission prélevée à chaque ordre d'achat ou de vente.
- Les droits de garde : des frais annuels pour la conservation de vos titres.
- Les frais de tenue de compte : un forfait fixe pour la gestion administrative du compte.
- Les frais de change : une marge appliquée quand vous achetez un titre libellé en devise étrangère (dollar, livre).
- Le spread : l'écart entre le prix d'achat et de vente, un coût indirect.
- Les frais d'inactivité : facturés par certains courtiers si vous ne passez aucun ordre pendant plusieurs mois.
Bonne nouvelle : les courtiers en ligne ont éliminé la plupart de ces postes. Chez beaucoup d'entre eux, il ne reste plus que le courtage à l'ordre.
Les frais de courtage : combien par ordre ?
Les frais de courtage sont la commission prélevée à chaque transaction. C'est le poste le plus visible et le plus comparé. Leur montant varie fortement selon le type d'intermédiaire.
L'Observatoire de l'épargne de l'AMF a mesuré le coût moyen d'un ordre de 1 000 € sur Euronext Paris en 2026. Le résultat va du simple au quadruple :
| Type d'intermédiaire | Ordre de 1 000 € (Paris) | Ordre de 5 000 € (marché US) |
|---|---|---|
| Banque de réseau | 6,50 € en moyenne | 0,9% (soit 45 €) |
| Courtier en ligne | 4,50 € en moyenne | 0,31% (soit ~16 €) |
| Néo-broker | 1,50 € en moyenne | 0,05% (soit 2,50 €) |
Source : Observatoire de l'épargne de l'AMF, lettre n°65 (avril 2026).
Nous suivons ces moyennes de marché dans notre baromètre des frais des courtiers 2026, qui détaille le coût d'un ordre par type d'intermédiaire et la grille comparée des principaux courtiers.
Concrètement, un même ordre coûte 6,50 € dans une banque classique contre 1,50 € chez un néo-broker. Sur les marchés américains, l'écart est encore plus net : 45 € contre 2,50 € pour 5 000 € investis.
Beaucoup de courtiers appliquent une grille par paliers. Chez Bourse Direct par exemple, la grille en vigueur au 6 janvier 2026 facture 0,99 € jusqu'à 500 €, 1,90 € jusqu'à 1 000 €, 2,90 € jusqu'à 2 000 €, puis un pourcentage du montant au-delà. Chez Trade Republic, c'est 1 € par ordre, et 0 € en investissement programmé.
Pour comprendre comment ce coût s'applique selon le type d'ordre passé, consultez notre guide des ordres de bourse.
Les droits de garde sont-ils encore pratiqués ?
Les droits de garde sont des frais annuels prélevés pour la conservation de vos titres en portefeuille. Ils s'expriment en pourcentage de la valeur détenue, parfois avec une part fixe par ligne de titre.
En 2026, ces frais ont quasiment disparu chez les acteurs en ligne. La grande majorité affiche 0 € de droits de garde et 0 € de frais de tenue de compte. C'est le cas de Bourse Direct, Trade Republic, XTB ou des banques en ligne comme Boursorama et Fortuneo.
En revanche, ils persistent dans les banques de réseau traditionnelles. Prenons un exemple chiffré : pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur 10 lignes d'actions parisiennes, droits de garde et tenue de compte atteignent en moyenne 0,35% par an, soit 211 € par an. Sur dix ans, cela représente plus de 2 000 € prélevés sans qu'aucun ordre ne soit passé.
Quels frais cachés faut-il surveiller ?
Au-delà du courtage affiché, deux coûts moins visibles peuvent peser lourd : les frais de change et le spread. Un troisième point sème souvent la confusion : le TER de l'ETF.
Les frais de change
Quand vous achetez un titre libellé en devise étrangère, le courtier convertit vos euros et prélève une marge sur le taux de change. Cette commission varie énormément : 0% chez Trade Republic, environ 0,25% chez Saxo Bank, jusqu'à 0,8% ailleurs. La fourchette du marché va de 0,20% à plus de 2%.
Sur un ordre de 1 000 $ en actions américaines, cela fait 8 € de frais chez un courtier à 0,8%, contre rien chez un courtier qui ne facture pas le change. Répété à chaque achat, l'écart devient significatif.
Le spread
Le spread est l'écart entre le prix auquel vous pouvez acheter et celui auquel vous pouvez vendre, à un instant donné. Vous payez donc un peu plus cher à l'achat et récupérez un peu moins à la vente. Sur un ETF très liquide comme un MSCI World, ce coût est minime. Sur un produit de niche peu échangé, il gonfle.
Le TER : un frais du fonds, pas du courtier
Le TER (Total Expense Ratio, ou frais courants) est le frais de gestion annuel d'un ETF ou d'un fonds. Attention : il est prélevé par la société de gestion, pas par votre courtier. Pour un ETF actions, il se situe généralement entre 0,04% et 0,95% par an. Il est déduit chaque jour de la valeur du fonds, vous ne le voyez donc pas sur votre relevé.
Quels frais sur un PEA ? Ce que la loi plafonne
Le PEA (Plan d'Épargne en Actions, une enveloppe fiscale avantageuse) bénéficie d'une protection légale. Depuis la loi Pacte, entrée en vigueur le 1er juillet 2020, les frais d'un PEA sont plafonnés par décret.
Voici les plafonds applicables en 2026 :
- Frais d'ouverture : 10 € maximum.
- Droits de garde : 0,4% par an de la valeur du plan, plus 5 € maximum par ligne de titre.
- Frais de transaction : 0,5% du montant pour un ordre passé en ligne, 1,2% par téléphone ou courrier.
- Frais de transfert : 15 € par ligne, dans la limite de 150 €.
Ces plafonds sont fixés par le décret n° 2020-95 du 5 février 2020 (source : Légifrance). En pratique, la plupart des courtiers en ligne facturent bien moins que ces plafonds, voire 0 € de droits de garde. Pour le reste du fonctionnement de l'enveloppe, voyez notre page sur la fiscalité du PEA.
Quel impact des frais sur votre rendement à long terme ?
Un écart de frais qui paraît minime se transforme en milliers d'euros sur la durée. La raison tient aux intérêts composés : chaque euro de frais prélevé est un euro qui ne produit plus de rendement les années suivantes.
Voici une simulation. Vous investissez 5 000 € pendant 25 ans, avec un rendement annuel de 8% avant frais. Comparons deux niveaux de frais annuels :
| Frais annuels | Capital après 25 ans | Total des frais payés |
|---|---|---|
| 0,40% (courtier en ligne + ETF) | ~31 200 € | ~1 500 € |
| 1,90% (banque + fonds chargé) | ~21 800 € | ~5 600 € |
| Écart | ~9 400 € | ~4 100 € |
Simulation à titre illustratif, intérêts composés sur 25 ans à 8% brut. Les performances passées ne préjugent pas de l'avenir. Source : calcul Place des Épargnants.
Le résultat est parlant : à capital et rendement identiques, le portefeuille à 1,90% de frais termine avec près de 9 400 € de moins. Au-delà des frais directement payés, vous perdez aussi tous les intérêts que ces sommes auraient générés.
Comment réduire les frais de son courtier ?
Réduire ses frais ne demande pas d'expertise, seulement quelques bons réflexes. Voici les plus efficaces :
- Choisir un courtier en ligne ou un néo-broker : courtage réduit, 0 € de droits de garde, 0 € de tenue de compte.
- Limiter le nombre d'ordres : chaque transaction coûte. Une stratégie de versements réguliers sur quelques lignes coûte moins qu'un trading fréquent.
- Privilégier les ETF à TER bas : un ETF à 0,20% laisse plus de rendement qu'un fonds à 1,5%.
- Surveiller les frais de change : pour les titres en dollar, un courtier sans frais de change fait économiser à chaque achat.
- Vérifier les frais d'inactivité : un investisseur de long terme doit s'assurer qu'aucune pénalité ne le guette s'il ne passe pas d'ordre.
Le bon réflexe avant d'ouvrir un compte : comparer la grille complète, pas seulement le prix d'un ordre. Notre comparatif des courtiers en bourse détaille tous ces postes côte à côte. Si vous débutez, notre guide du meilleur courtier pour débuter vous oriente selon votre profil.
En résumé, les frais courtier bourse les plus pénalisants sont souvent les moins visibles : droits de garde des banques, frais de change, et TER des fonds chargés. Comparez sur l'ensemble de la grille, pas sur le seul courtage, et vérifiez chaque poste sur les sites officiels (economie.gouv.fr, AMF) avant de signer.
Avertissement AMF : investir en bourse comporte un risque de perte en capital. Les simulations présentées sont illustratives et ne garantissent aucun rendement. Les tarifs des courtiers évoluent : vérifiez toujours la grille tarifaire officielle avant d'ouvrir un compte.
La rédaction de Place des Épargnants
Rédaction spécialisée épargne, placement et investissement