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Guide ⏱ 8 min Mis à jour le 3 septembre 2026

Compte-titres ordinaire (CTO) : le guide complet

Le compte-titres ordinaire (CTO) est l'enveloppe d'investissement la plus flexible pour investir en bourse. Sans plafond ni contrainte d'univers, il offre un accès à l'ensemble des marchés financiers mondiaux.

Le CTO est soumis à la flat tax de 31,4 % sur les plus-values et dividendes (ou au barème progressif sur option). Il n'a pas de plafond de versements et permet d'investir dans tous les actifs financiers (actions monde, ETF monde, obligations, fonds…). Il complète idéalement le PEA pour les actifs non éligibles.

Les informations fournies sont à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Tout placement comporte des risques, y compris la perte de capital. Consultez un conseiller financier avant de prendre une décision.

Sources officielles impots.gouv.fr AMF (Autorité des marchés financiers) service-public.fr Mis à jour le 3 septembre 2026

Qu'est-ce qu'un compte-titres ordinaire ?

Le compte-titres ordinaire (CTO), aussi appelé compte-titres ou portefeuille-titres, est un compte bancaire ou courtier permettant d'acheter et de vendre des valeurs mobilières. Il donne accès à : actions françaises et étrangères, ETF, obligations, OPCVM (SICAV et FCP), produits dérivés, warrants et certificats.

Contrairement au PEA ou à l'assurance-vie, le CTO n'est assorti d'aucun avantage fiscal spécifique. Les gains (plus-values et dividendes) sont imposés chaque année au titre de l'impôt sur le revenu. En contrepartie, aucune contrainte ne pèse sur les retraits, les versements ou les types d'actifs éligibles.

Selon l'AMF, le CTO est l'enveloppe de référence pour tout investisseur souhaitant accéder aux marchés financiers mondiaux sans restriction géographique. En France, plusieurs millions de ménages détiennent un CTO en complément de leur PEA.

Comment fonctionne concrètement un CTO ?

Le CTO fonctionne comme un compte courant dédié aux titres financiers. Il se compose de deux éléments indissociables : un compte espèces (où vous déposez votre argent) et un compte-titres proprement dit (où sont enregistrés vos actifs).

Les ordres de bourse

Pour acheter une action, vous passez un ordre de bourse via l'interface de votre courtier. L'ordre peut être "au marché" (exécution immédiate au prix disponible) ou "à cours limité" (vous fixez le prix maximum d'achat). Dès l'exécution, les titres apparaissent dans votre portefeuille et les espèces correspondantes sont débitées.

Exemple concret : vous souhaitez acheter 10 actions Apple à 180 $. Vous passez un ordre limité à 180 $. Si l'action atteint ce niveau, l'ordre s'exécute automatiquement. Votre courtier débite 1 800 $ + frais de courtage (par exemple 1 € chez un courtier en ligne compétitif).

Le compte espèces associé

Le compte espèces héberge les liquidités en attente d'investissement. Il sert aussi à recevoir les dividendes versés par vos actions. Attention : certains courtiers ne rémunèrent pas ce compte espèces. D'autres proposent un intérêt sur les liquidités non investies — vérifiez les conditions avant d'ouvrir.

La déclaration fiscale automatique

Chaque année, votre courtier transmet à l'administration fiscale un Imprimé Fiscal Unique (IFU). Ce document récapitule tous vos gains et pertes. En France, les courtiers agréés pré-remplissent automatiquement votre déclaration d'impôts. Vous n'avez qu'à vérifier les montants lors de la déclaration annuelle (généralement en mai).

CTO vs PEA : quel comparatif objectif ?

Les deux enveloppes sont complémentaires, pas concurrentes. Voici leurs différences structurelles :

Critère CTO PEA
Plafond de versements Aucun 150 000 € (225 000 € avec PEA-PME)
Fiscalité plus-values Flat tax 31,4 % ou barème IR 0 % IR + 18,6 % PS après 5 ans
Fiscalité dividendes Flat tax 31,4 % ou barème IR Non imposés si réinvestis dans le PEA
Univers d'actifs Tout : actions monde, ETF monde, obligations, dérivés… Actions et ETF EEE (synthétiques autorisés)
Retrait Libre, sans conséquence sur le compte Clôture du PEA si retrait avant 5 ans
Nombre de comptes Illimité 1 seul par personne physique majeure
Report des moins-values Oui, sur 10 ans Non (les pertes restent dans le PEA)
Démembrement successoral Possible (usufruit/nue-propriété) Non possible
Compte joint Oui, en indivision Non (individuel obligatoirement)

En résumé : le PEA est prioritaire pour les actions européennes et les ETF éligibles. Le CTO prend le relais pour tout le reste. Consultez notre guide PEA pour décider lequel ouvrir en premier.

Quelle fiscalité s'applique au CTO en 2026 ?

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) ou flat tax

Depuis 2018, les gains réalisés sur un CTO sont soumis par défaut au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique), communément appelé "flat tax". Ce taux global de 31,4 % — détaillé dans notre guide de la flat tax — se décompose ainsi :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu (IR)
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS)

Ce régime s'applique aux plus-values de cession ET aux dividendes reçus. Exemple : vous vendez des actions avec 2 000 € de plus-value. Vous devrez 600 € d'impôt (30 % × 2 000 €), quelle que soit votre tranche d'imposition.

L'option pour le barème progressif

Vous pouvez opter globalement pour le barème progressif de l'IR à la place de la flat tax. Cette option est intéressante si votre taux marginal d'imposition (TMI) est faible — typiquement si vous êtes dans la tranche à 0 % ou 11 %. Elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital pour l'année concernée (vous ne pouvez pas choisir titre par titre).

Attention : les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % seulement si vous optez pour le barème progressif. Cet abattement disparaît avec la flat tax.

Les dividendes étrangers et la retenue à la source

Si vous détenez des actions étrangères (par exemple des actions américaines versant des dividendes), le pays d'origine prélève une retenue à la source. Pour les États-Unis, ce taux est de 15 % pour les résidents fiscaux français (convention fiscale franco-américaine). Cette retenue est en principe imputable sur votre impôt français, sous forme de crédit d'impôt. En pratique, votre courtier français l'indique sur l'IFU.

Report des moins-values : 10 ans pour optimiser

Les moins-values réalisées sur un CTO sont reportables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans. Concrètement, si vous vendez un titre en perte de 800 € cette année et réalisez 1 500 € de gains l'an prochain, vous n'êtes imposé que sur 700 € (1 500 – 800). C'est un levier d'optimisation fiscale non négligeable.

Exemples chiffrés pour comprendre la fiscalité

Exemple 1 : plus-value simple

Vous achetez 50 actions d'une entreprise à 40 € pièce (soit 2 000 € investis). Cinq ans plus tard, le titre vaut 70 €. Vous vendez la totalité.

  • Prix de vente : 50 × 70 € = 3 500 €
  • Prix d'achat : 2 000 €
  • Plus-value brute : 1 500 €
  • Flat tax (31,4 %) : 471 €
  • Gain net après impôt : 1 029 €

Si ce même investissement avait été réalisé dans un PEA ouvert depuis plus de 5 ans, vous n'auriez payé que les prélèvements sociaux (18,6 % × 1 500 € = 279 €), soit 192 € de moins. Le PEA est plus avantageux — mais seulement si l'actif y est éligible.

Exemple 2 : dividendes reçus

Vous détenez 200 actions d'une société française versant 2 € de dividende par action. Vous recevez donc 400 € de dividendes bruts.

  • Flat tax par défaut : 400 × 31,4 % = 126 € d'impôt, soit 274 € nets
  • Option barème progressif (TMI à 11 %) : abattement 40 % → base imposable de 240 €. Impôt IR : 240 × 11 % = 26,4 €. Prélèvements sociaux : 400 × 18,6 % = 68,8 €. Total : 95,2 €, soit 304,8 € nets

Dans cet exemple, le barème progressif est plus favorable pour un contribuable en tranche à 11 %. Cependant, l'option est globale : elle s'applique à tous vos revenus du capital pour l'année.

Exemple 3 : report de moins-value

En 2024, vous vendez des actions technologiques en perte : −2 000 €. En 2025, vous réalisez +5 000 € de plus-values sur d'autres titres. Grâce au report, vous n'êtes imposé que sur 3 000 € (5 000 − 2 000). Flat tax due : 900 € au lieu de 1 500 €. Économie : 600 €.

Quels sont les avantages structurels du CTO ?

Malgré sa fiscalité moins favorable que le PEA, le CTO présente des avantages uniques que nulle autre enveloppe ne peut offrir :

  • Aucun plafond de versements : pour un portefeuille dépassant 150 000 €, le CTO est incontournable. Il n'y a aucune limite théorique.
  • Accès à tous les marchés du monde : actions américaines (NYSE, NASDAQ), asiatiques (Tokyo, Hong Kong), africaines, sud-américaines… sans restriction géographique.
  • ETF monde physiques : les ETF MSCI World physiques comme l'iShares Core MSCI World UCITS ETF (IWDA) ne sont pas éligibles PEA. Seul le CTO y donne accès directement.
  • Obligations et produits de taux : les obligations d'État ou d'entreprise, fonds monétaires et ETF obligataires ne sont pas éligibles PEA. Le CTO est l'enveloppe adaptée.
  • Liquidité totale : retraits libres à tout moment, sans conséquence fiscale sur les années futures ni sur la survie du compte. Idéal si vous avez besoin d'accéder à vos fonds rapidement.
  • Démembrement et transmission : le CTO peut être démembré (usufruit/nue-propriété) pour optimiser la transmission successorale. Cette technique, courante pour les patrimoines importants, est impossible avec un PEA.
  • Compte joint possible : un couple peut ouvrir un CTO en indivision, ce qui simplifie la gestion commune du patrimoine.

Quels sont les inconvénients et points de vigilance ?

Le CTO a des limites réelles à connaître avant d'investir :

  • Fiscalité plus lourde que le PEA : 30 % sur chaque gain, chaque année. Contre 18,6 % seulement pour le PEA après 5 ans. Sur 20 ans, l'écart de rendement net peut être significatif.
  • Imposition annuelle des dividendes : même si vous réinvestissez vos dividendes, ils sont imposés l'année de leur versement. L'effet de capitalisation est donc moins puissant qu'en assurance-vie ou PEA.
  • Pas d'abattement pour durée de détention : les anciens abattements pour durée de détention (50 % après 2 ans, 65 % après 8 ans) ont été supprimés pour les titres acquis après 2018 si vous optez pour la flat tax.
  • Complexité fiscale avec l'international : gérer les retenues à la source étrangères et les crédits d'impôt peut demander attention lors de la déclaration, surtout avec des dividendes de plusieurs pays.
  • Frais de garde chez certains établissements : les banques traditionnelles facturent parfois des droits de garde annuels sur le CTO. Les courtiers en ligne sont généralement gratuits sur ce point.

Comment ouvrir un CTO ? Les étapes pratiques

Ouvrir un CTO est simple et rapide. Voici les étapes concrètes :

  1. Choisir un courtier : comparez les frais de courtage, la gamme de marchés accessibles et l'ergonomie de l'interface. Notre comparatif des courtiers vous guide dans ce choix.
  2. Remplir le formulaire en ligne : la plupart des courtiers proposent une ouverture 100 % digitale en moins de 15 minutes. Vous devrez renseigner vos informations personnelles, situation financière et objectifs d'investissement (réglementation MIF II).
  3. Fournir les pièces justificatives : carte d'identité ou passeport en cours de validité, justificatif de domicile de moins de 3 mois, RIB pour les virements.
  4. Effectuer un premier virement : le montant minimum varie selon les courtiers (souvent 0 € ou 100 €). Vos fonds sont disponibles en 1 à 3 jours ouvrés.
  5. Passer vos premiers ordres : commencez par des actifs simples et liquides (ETF indiciels, grandes capitalisations). Évitez les produits à effet de levier tant que vous maîtrisez les bases.

Selon service-public.fr, toute personne majeure résidant en France peut ouvrir un compte-titres. Il n'existe pas de plafond légal de versements, ni de durée minimale de détention.

Quel courtier choisir pour ouvrir un CTO ?

Le choix du courtier est déterminant : les frais varient du simple au quadruple selon les établissements. Les critères essentiels à évaluer :

  • Frais de courtage par ordre : certains courtiers en ligne facturent moins de 1 € par ordre sur les marchés européens. Les banques traditionnelles peuvent dépasser 10 € par transaction.
  • Marchés accessibles : vérifiez l'accès aux places américaines (NYSE, NASDAQ), asiatiques si vous souhaitez diversifier hors Europe.
  • Frais de change : pour les achats en USD, GBP ou JPY, une commission de change s'ajoute (souvent 0,1 % à 0,5 %). Ce coût peut s'accumuler sur des achats fréquents.
  • Qualité de l'interface et des outils d'analyse : graphiques, alertes de cours, possibilité de passer des ordres avancés.
  • Service client et sécurité : vérifiez que le courtier est agréé par l'AMF et que vos titres sont protégés par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) jusqu'à 70 000 € par personne.

Retrouvez notre analyse détaillée dans le guide des meilleurs courtiers bourse 2026, avec un comparatif des frais réels sur une simulation d'investissement type.

Quelle stratégie adopter avec un CTO ?

Le CTO s'inscrit dans une stratégie patrimoniale globale. Voici les approches les plus courantes :

Stratégie 1 : complément du PEA

La configuration la plus fréquente : vous investissez en priorité dans votre PEA via des ETF éligibles (ETF MSCI Europe, ETF S&P 500 synthétique…). Une fois le PEA saturé ou pour des actifs non éligibles, vous utilisez le CTO. Cette approche maximise l'efficacité fiscale globale.

Stratégie 2 : diversification mondiale totale

Vous souhaitez investir dans un ETF MSCI World physique ou dans des actions japonaises en direct ? Le CTO est l'enveloppe idéale. Même si la fiscalité est moins favorable, la diversification géographique peut compenser sur le long terme. Consultez notre guide des ETF monde pour sélectionner les meilleurs véhicules.

Stratégie 3 : revenus réguliers via dividendes

Certains investisseurs recherchent des revenus passifs réguliers. Le CTO permet de recevoir directement les dividendes sur le compte espèces, sans les réinvestir obligatoirement. Un portefeuille de 100 000 € avec un rendement de dividendes moyen de 3 % génère 3 000 € bruts par an, soit 2 100 € nets après flat tax (31,4 %).

Pour approfondir les stratégies de dividendes, voyez notre page sur les actions à dividendes.

Note fiscale : Les informations présentées sont à titre informatif général. La fiscalité peut évoluer. Consultez impots.gouv.fr ou un conseiller fiscal pour votre situation personnelle.

Les informations présentées ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement en bourse comporte un risque de perte en capital. Consultez un professionnel agréé AMF pour une recommandation adaptée à votre situation.

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La rédaction de Place des Épargnants

Rédaction spécialisée épargne, placement et investissement

Notre équipe

Questions fréquentes

Oui, il n'y a aucune incompatibilité entre détenir un PEA et un ou plusieurs CTO. La stratégie classique consiste à maximiser d'abord le PEA (plafond 150 000 €) pour profiter de sa fiscalité avantageuse après 5 ans, puis à utiliser un CTO pour les actifs non éligibles PEA : ETF marchés émergents, actions américaines directes, obligations, matières premières.

Les moins-values réalisées sur un CTO sont imputables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans. Concrètement, si vous réalisez -500 € de moins-values une année et +1 000 € de plus-values l'année suivante, vous ne serez imposé que sur 500 € de plus-values nettes. Ce mécanisme de report sur 10 ans est un avantage du CTO qui permet d'optimiser sa fiscalité lors des années de forte performance.

Le CTO est accessible à tous mais sa fiscalité (flat tax 31,4 % sur les gains) le rend moins efficace fiscalement que le PEA pour les investisseurs en actions européennes ou sur ETF éligibles PEA. Un débutant devrait généralement commencer par ouvrir un PEA pour son exposition aux actions. Le CTO complète utilement le dispositif une fois le PEA bien alimenté, ou pour des actifs spécifiques non accessibles via PEA.

Oui. Une personne physique peut ouvrir un CTO à son nom. Une société (SCI, SAS, SARL…) peut également ouvrir un compte-titres au nom de la structure. La fiscalité est alors celle de l'entreprise (impôt sur les sociétés), différente de la flat tax personnelle. Cette option intéresse notamment les dirigeants qui investissent via leur holding.

L'Imprimé Fiscal Unique (IFU) est le document transmis par votre courtier chaque année. Il récapitule tous vos gains et pertes sur le CTO : dividendes reçus, plus-values réalisées, retenues à la source étrangères. Les courtiers français pré-remplissent automatiquement votre déclaration d'impôts à partir de cet IFU. Il suffit de vérifier les montants lors de votre déclaration annuelle.